- Membres
- Recherche
- Agenda
- Nous contacter
- Ateliers
Newsletter n°2 - octobre 2007
Compte-rendu des activités du réseau franco-britannique sur les transferts culturels France-Grande Bretagne.XIIe Congrès International des Lumières
Le XIIe congrès de la société internationale d'étude du XVIIIe siècle a eu lieu cette année à Montpellier du 7 au 15 juillet sur le thème suivant : " Sciences, techniques et cultures ".
Un atelier sur le thème de la constitution de la sociabilité scientifique a eu lieu le 10 juillet, organisé par Ann Thomson. L'objectif de cet atelier était de comprendre comment se mettent en place des réseaux d'échanges, les modalités de ces échanges et ses moyens matériels, dans le contexte spécifique de la diffusion des sciences et de la construction d'un espace de sociabilité propre aux savants. Les cas plus spécifiques de la botanique et de la médecine ont été ici envisagés.
Trois communications ont été proposées par des membres de l'équipe :
- Alexandra Cook: " Communicating science at a distance : Jean-Jacques Rousseau's botanical correspondence "
- Mariana Saad: " Autour du réseau Duquennoy, la correspondance britannique "
- Claire Crignon-De Oliveira : " le rôle des périodiques dans la diffusion des connaissances médicales en Angleterre et en France (fin XVIIe-début XVIIIe) "
Ann Thomson a aussi posé la question des raisons qui peuvent expliquer l'échec d'un savant à entrer dans un réseau et à faire reconnaître la valeur scientifique de son travail en évoquant le cas de Caspar Cuenz et ses tentatives pour entrer en contact avec la Royal Society, et avec des savants comme Formey, Bonnet ou Euler.
Signalons par ailleurs que la question des réseaux était au centre d'autres travaux en particulier des trois table rondes organisées par Irène Passeron sur la " République des sciences ".
Atelier sur les réseaux, 4 et 5 septembre 2007, University of London in Paris
Perspectives de recherche sur les réseaux
* Objectifs : cet atelier, financé conjointement par l'ANR et l'AHRC, est la quatrième rencontre réunissant l'ensemble du réseau franco-britannique, ainsi que des invités exterrnes au réseau (Paola Zanardi, Siegfried Bodenmann et Alan MacInnes).
Le but de cette rencontre était bien évidemment de progresser dans l'étude des réseaux franco-britanniques et d'interroger la notion de réseau et son importance pour la question des transferts, mais aussi d'élargir le domaine d'étude à d'autres pays européens (notamment l'Italie et la Suisse). Les réseaux transatlantiques ont aussi été évoqués dans plusieurs communications. Les réseaux ont été étudiés sous les formes les plus multiples (réseaux commerciaux, économiques, politiques, religieux, intellectuels, culturels …). Le programme complet de l'atelier sera prochainement mis en ligne sur le site internet.
* Résultats : à l'issue des communications entendues, voici quelques unes des questions qui sont apparues comme centrales pour l'étude des réseaux (F-J. Ruggiu a rappelé par ailleurs l'importance des travaux menés par Claire Lemercier).
- De quoi parle-t-on exactement avec cette notion de réseau ? Lorsque l'on parle des réseaux, on ne dépasse que rarement un niveau métaphorique, or la notion va bien au-delà. Parler de réseaux, ce n'est pas seulement évoquer l'existence de liens entre plusieurs personnes, c'est aussi s'efforcer de mesurer l'intensité et la nature de ces liens (liens forts ou faibles) et comprendre la nature de ce qui est échangé (qu'est-ce qui passe dans les tuyaux ? des personnes, des idées, des livres, de l'argent ?). L'approche quantitative doit être dépassée afin d'évaluer aussi la qualité des échanges, et leur finalité (qui peuvent être très différentes puisque cela va de la constitution d'un espace de sociabilité jusqu'à l'ambition de faire fortune dans le cas de W. Playfair évoqué par J-F. Dunyach). Quelle différence y a-t-il entre les réseaux liés à une institution et les réseaux plus informels ?
Il apparaît enfin nécessaire de s'interroger sur l'incidence des réseaux sur le contenu même et l'évolution des échanges (le fait pour un savant d'appartenir à telle ou telle académie peut modifier la nature de ses recherches, puisque leur avancement dépend aussi du bon vouloir politique de celui ou ceux qui les financent comme l'a souligné S. Bodenmann dans son intervention sur le réseau Euler).
- A partir de quand peut-on parler de réseau ? Etablir l'existence de liens entre deux ou trois personnes ne suffit pas pour justifier le recours à ce terme (on parlera alors de cercle ou simplement d'échanges entre des personnes). Parler de réseau est-ce nécessairement se référer à un réseau (politique, économique, intellectuel, religieux…) déjà bien constitué, ou n'est-ce pas aussi comprendre comment peuvent être activés des réseaux de différentes natures qui se font ou se défont, se superposent, au cours du temps.
- Quel est le statut des différents membres d'un réseau ? Peut-on étudier la constitution d'un réseau à partir d'une personnalité, d'une figure centrale qui jouerait le rôle d'intermédiaire, de correspondant mettant en relation les différents membres du réseau entre eux (cas de Pierre Des Maizeaux évoqué par E. Grist et son rôle au sein de la Royal Society), activant différents types de réseaux en fonction d'une stratégie personnelle (William Playfair).
- Quelles sources sont à étudier pour l'étude des réseaux : les correspondances, institutions, livres de compte d'éditeurs ou d'imprimeurs, archives etc. ?
- quel est le statut méthodologique de cette notion de réseau ?
Il apparaît nécessaire de départager ce qui est de l'ordre de la réalité et de la reconstruction (idéologique, fantasmatique, historique) dans l'usage de cette notion.
On peut être tenté de donner rétrospectivement trop de cohérence ou de voir de manière trop unitaire certains réseaux. Certains groupes sont parfois désignés comme des réseaux par leurs ennemis ou leurs adversaires.
- Des communications ont aussi permis de faire état de programmes de recherche déjà financés par l'AHRC :
L'intervention d'Allan MacInnes sur les réseaux jacobites présentait quelques résultats de son programme de recherches.
Simon Burrows a présenté le programme de recherches mené avec Mark Curran sur la Société Typographique de Neuchâtel entre 1760-1780 pour constituer un banc de données sur le commerce des livres dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.
* Emmanuelle de Champs a par ailleurs présenté un compte-rendu du colloque organisé en juillet 2007 sur Lord Shelburne. Plusieurs membres du groupe participaient à ce colloque (R. Hammersley, E. Dziembowski, E. de Champs) organisé à la mémoire de Derek Jarrett (auteur de The Begetters of Revolution. England's involvement with France, 1759-1789, London: Longman, 1973). Même si le thème retenu pour le colloque n'était pas celui des réseaux, le personnage même de Shelburne et son étude, ont conduit à explorer plusieurs dimensions ou strates de réseaux : personnels et familiaux, politiques, financiers et économiques, culturels et religieux. Les participants se sont aussi interrogés sur la légitimité de l'expression " Bowood Circle " réunissant Price, Priestley et Bentham autour de Shelburne. Finalement l'étude de ce personnage permet moins d'étudier des réseaux déjà constitués que de comprendre comment un individu peut développer des contacts personnels dans différents milieux.
Projets, perspectives de travail pour le groupe de travail
Prochain atelier
François-Joseph Ruggiu a présenté le thème du prochain atelier qui sera organisé en collaboration avec Emmanuelle de Champs et Rachel Hammersley. Le thème retenu est celui de la traduction. Ce thème est déjà apparu maintes fois au cours des précédents ateliers et sa transversalité en fait un objet de préoccupation pour les différents chercheurs de l'équipe. 4 directions de recherche sont proposées et développées dans un texte qui va être sous peu envoyé à tous les membres du groupe (la traductologie, les genres concernés par la traduction, le statut du traducteur et ses capacités linguistiques), les effets (décalage, déformation, censure) de la traduction et sa mise en conformité avec le " bon goût ". La date provisoirement retenue est la seconde quinzaine de mars. La possibilité de le tenir à Newcastle sera étudiée. Si le coût s'avère trop élevé, il pourra avoir lieu à Paris. Des propositions de communication sont à envoyer très rapidement aux trois organisateurs.
Perspectives de financement pour l'avenir
Le financement ANR arrivera à son terme fin 2008. Le financement de l'AHRC (pour une durée d'un an) s'achève. Différentes possibilités de financement futur sont envisagées, y compris un renouvellement du financement par l'AHRC. Des possibilités de projets associant l'ANR et l'AHRC sont à explorer. Dans un deuxième temps nous envisageons de solliciter un financement européen, notamment de la ESF, pour un projet concernant les réseaux européens. Une majorité se dégage pour garder dans l'intitulé du projet futur la notion de transferts. Il semble aussi intéressant de prendre contact avec des équipes existantes (par exemple le projet de R. Sigerist à Genève de recenser les savants du XVIIIe siècle). Les membres du réseaux sont invités à signaler d'autres équipes et projets qu'il faudrait contacter.
Publication
Ann Thomson a été contactée à l'occasion du Congrès des Lumières par les SVEC (anciennement Studies on Voltaire and the Eighteenth Century) qui recherchent de nouveaux projets de publication intéressants en vue de leur relancement sous un autre format plus large. Ils sont intéressés par un volume collectif présentant les résultats de nos travaux. Ce volume pourrait être divisé en 4 sections correspondant à nos 4 ateliers (correspondances, journalisme, réseaux, traduction), mais comme les correspondances et les réseaux présentent de nombreux points de convergence, on propose de les fondre et de proposer 3 rubriques. Ce point, ainsi que la nécessité éventuelle de faire appel à d'autres collaborateurs, sera tranché par un comité éditorial représentant les équipes français et britannique.
Questions diverses
Correspondance Des Maizeaux : le sous-groupe qui travaille sur l'édition des lettres de Charles de La Motte à Pierre Des Maizeaux avance bien. Le premier travail de transcription devra être terminé avant décembre. Site internet Toute information susceptible d'intéresser les autres membres du groupe (et qui n'a pas nécessairement à figurer sur le site) doit être envoyée à cette adresse : crideo@free.fr
4. Publications
Nous signalons à l'intention des membres du groupe la publication de : Pierre-Yves Beaurepaire, Le mythe de l'Europe française au XVIIIe siècles, Diplomatie, culture et sociabilités au temps des Lumières, coll " Mémoires / Histoire ", éd. Autrement, Paris, 2007
Archives des newsletters :Newsletter n°1 - mars 2007
