- Membres
- Recherche
- Agenda
- Nous contacter
- Ateliers
Présentation des ateliers de 2005 - 2006
Atelier de décembre 2005 (Institut Charles V, Université Paris VII)
- Emmanuelle De Champs, "Etienne Dumont, la transmission de l'utilitarisme benthamien dans le monde francophone"
Résumé : Etienne Dumont et Jeremy Bentham font connaissance en 1786 à la jonction de plusieurs réseaux personnels, politiques et religieux. Dumont se donne très vite la mission de faire passer les écrits de Bentham en français et adopte pour cela différentes stratégies : en sollicitant d'abord ses contacts politiques en France autour de Mirabeau, puis, après la Révolution, en diffusant des traductions dans la presse périodique, avant de les publier sous forme de livres. Il tente également de mettre une partie de ses idées en oeuvre en participant à la refonte des lois genevoises à partir de 1814. Une étude des modalités de transfert de la philosophie de Bentham en langue française doit permettre de reconsidérer la question de sa postérité sur le continent européen.
- Fabrice Bensimon, "Voyageurs, exilés, migrants et passeurs culturels entre la France et la Grande-Bretagne, 1815-1870"
Résumé : On peut se pencher sur la question des échanges et des transferts entre la France et la Grande-Bretagne de différentes façons. D'abord, en cherchant à dresser un tableau statistique, un recensement des échanges, des traversées ; c'est une approche indispensable pour mesurer l'importance et le sens des flux, l'incidence des changements politiques, les facteurs favorables ou contraires. Il convient alors de chercher à distinguer le "tourisme" de la migration, le séjour temporaire de celui qui s'inscrit dans la durée. Un second aspect, culturel, est de s'intéresser aux échanges de ces visiteurs : sociabilité, intégration, voire transferts culturels. Enfin, s'intéresser aux échanges implique de se pencher sur les autres canaux qu'ils ont empruntés : presse, édition, traduction, formes culturelles diverses, etc.
- Allan Potofsky, "Les émigrés français et l'espace atlantique britannique"Atelier sur les correspondances, 29-30 juin 2006, Paris
29 Juin, 14h30- 18h00
- Ann Thomson, "The correspondence of Pierre Des Maizeaux"
Résumé : Cette intervention visait à présenter la correspondance passive de Pierre Des Maiezaux conservée à la British Library, tout en donnant un aperçu de ses activités et de son rôle dans les transferts culturels franco-britanniques au cours de la première moitié du XVIIIe siècle. Après un examen des études existantes sur Des Maizeaux et des difficultés à connaître et interpréter ses véritables opinions, nous avons souligné la richesse des informations contenues dans ces manuscrits (encore largement inexploités) sur bien des aspects de la vie du journalisme, de l'édition, de la ciculatation de l'information et sur les réseaux intellectuels de cette époque. Il apparaît dès lor nécessaire d'engager une étude systématique de cette correspodnance et de mettre en place un projet de publication.
- Charles-Edouard Levillain, "La correspondance diplomatique au début du long dix-huitième siècle (c.1660-c.1715): problèmes de méthode"
- Lucia Bergamasco, "Thomas Jefferson and the physiocrats"
- Richard Whatmore, "National character and the French Revolution: the perspective of Etienne Dumont"
30 Juin, 9h30-12h30
Sarah Hutton, "Newtonianism in the correspondence of Madame du Chatelet"
Alexandra Cook, "Botanical exchanges: Jean-Jacques Rousseau and the Duchess of Portland"
Résumé : en 1766, Jean-Jacques Rousseau, en exil de la France et de la Suisse, arrive en Angleterre où il fait la rencontre de Margaret Cavendish Harley Bentinck, Duchesse de Portland. Les lettres échangées avec la duchesse contienne des informations importantes en ce qui concerne les opinions de Rousseau dans les domaines de la théologie naturelle, les jardins, les écrits botaniques et la botanie exotique. Cet échange ne consiste pas seulement en discussions autour de l''identification des plantes et autres sujets de botanie, mais plus important il inclut des présents réciproques de livres et de spécimens à la manière des correspondances scientifiques policées de cette époque. Rousseau offre ses services à la Duchesse et se fait son "herboriste" ou son collectionneur de plantes, il recueille pour elle des spécimens et des semences. Cette correspondance s'achève au moment où la Duchesse envoie à Rousseau l'Hernarium amboinense de Georg Rumpf (Rumphius), oeuvre importante de botanique exotique.
Marian Hobson, "The correspondence of the Royal Society"
James Livesey, "The transformation of the correspondence network of the Société des Sciences in Montpellier across the eighteenth century"
14h00-17h00
Peter Damian-Grint, "Presentation of theVoltaire Foundation’s electronic editions of correspondence"
Discussion sur les projets à venir.
- Réunion de décembre
- SIEDS à Montpellier
- Site web et travail de la post-doctorante
- Colloques et publications
- Financement européen.
thème : le journalisme, la presse et les transferts culturels
Résumé : cette intervention portait sur les publicités pour les marchandises et les services français dans les journaux de la fin du XVIIIe siècle publiés à Manchester, Leeds et Sheffields. Les images véhiculées par de telles publicités - celles de passe-temps policés et de goûts raffinés - ne sont pourtant pas celles que l'on associe spontanément aux villes industrielles du nord de l'Angleterre. Les annonces et publicités publiées dans les journaux nous offrent une vision alternative de la culture urbaine du nord de l'Angleterre. Contrasant avec les compte-rendus moqueurs des visiteurs d'élite, ils dépeignent une culture urbaine raffinée, même si celle-ci reste adaptée à ce milieu particulier. Leur étude permet de remettre en question l'idée d'une domination croissante d'une culture métropolitaine, propagée par certains historiens du XVIIIe sièclde anglais.
Résumé : il s'agissait ici d'examiner le Courrier de l'Europe, une gazette française internationale éditée à Londres, comme agent de transferts culturels entre les années 1776 et 1789, en considérant à la fois la forme du journal et son contenu. On a mis en évidence le peu de succès rencontré par ceux qui se sont efforcés d'imposer un format et un style britanniques ainsi que certaines rubriques qui ne correspondaient pas aux attentes du marché et du public d'une gazette internationale. En revanche, le journal eut plus de succès dans ses efforts pour faire l'éducation politique de ses lecteurs continentaux et les initier aux pratiques du gouvernement britannique représentatif.
Résumé : cette intervention a commencé en soulignant l'importance pour l'histoire contemporaine des sciences, de la notion théorisée par James Second de "knowledge in transit". Cette notion vise à montrer comment l'acte de communiquer la connaissance scientifique est constitutive de cette connaissance même. Elle est particulièrement importante pour comprendre la situation de la France et de la Grande-Bretagne entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle. Les savants britanniques s'intéressent aux innovations scientifiques françaises au moment même où le conflit entre les deux pays rendent les communications écrites délicates. L'inflation des journaux scientifiques commerciaux après 1796 en Angleterre s'est traduite par un nombre croissant de compte-rendus des travaux scientifiques continentaux. On a aussi souligné le rôle crucial joué par les libraires émigrés suisses et français, installés à Londres, dans la diffusion des travaux scientifiques français auprès du public anglais, pendant les guerres napoléoniennes. On a enfin souligné la nécessité de se pencher sur le rôle des modes de communications personnels dans la transmission des travaux scientifiques français auprès du public français.
- John Chartres, "English Provincial Press and the material world : agency, travei, and tools in the later eighteenth century".
- Mark Curran, "D'Holbach's translations in the French language press".
Résumé : cette intervention était centrée sur les deux journaux en langue française édités par Michel de la Roche, réfugié huguenot français vivant en Angleterre : la Bibliothèque angloise qui apparaît en 1717 et sa suite, les Mémoires littéraires de la Grande-Bretagne (fin de la parution en 1724). La Roche, qui éditait aussi des journaux en langue anglaise, faisait partie d'un réseau d'intellectuels huguenots qui incluait Pierre Des Maizeaux et avait de nombreux contacts dans les milieux intellectuels britanniques. Après avoir exposé ce qui est connu de sa vie et de ses activités et avoir mis en évidence la manière dont ces journaux circulaient, nous avons étudié leur contenu. La Roche tentait de rendre compte de manière impartiale des publications en langue anglaise, en particulier dans les domaines scientifiques et théologiques. C'est ce qui explique qu'on l'ait accusé d'anti-protestantisme et de prendre parti pour les papistes, alors que son seul objectif était de défendre la tolérance religieuse. Il consacre de nombreuses pages de son journal à la version anglaise (de John Chamberlayn) de l'Histoire de la Réforme dans les Pays-Bas de Gerard Brandt (Historie des Reformatie en andre kerklyke geschiednissen in en omtrent de Nederlanden, 1671-1704), écrit à la demande des Remonstrants, qui propagèrent les idéaux de liberté et de tolérance et s'attirèrent l'hostilité des autorité&s hollandaises. C'est à La Roche que l'on doit la traduction française de cet ouvrage, publiée par Gosse à La Haye, et traduite à partir de cette version anglaise.
Les prises de position de La Roche en faveur d'une religion rationnelle et ses efforts constants pour rendre compte des débats théologiques en Angleterre font de lui un agent important de diffusion auprès du public français d'une culture de la liberté de pensée dans le domaine des affaires religieuses et un opposant à l'uniformité religieuse.
- Delphine Soulard, "les journalistes du Refuge et la diffusion de la pensée politique de John Locke auprès du public francophone de la fin du XVIIe siècle".
Alors que la publication anonyme de Two Treatises à Londres ne fut annoncée dans aucun des périodiques anglais de l'époque, pas même dans la presse dite "whig" - Le Clerc ne consacra pas moins d'une trentaine de pages à un abrégé des arguments des deux traités dans son numéro de la Bibliothèque Universelle de décembre 1690. Cet article fut bientôt suivi de deux autres condensés qui, à l'occasion de la traduction française de l'oeuvre de Locke à Amsterdam, en offrirent une exposition. En outre, l'article de Henri Basnage de Beaval qui parut dans le numéro de juin 1691 de l'Histoire des Ouvrages des Sçavans s'avéra être la première attaque journalistique de la pensée politique de Locke.
Toutefois le processus de transfert fut ici tributaire de la médiation de ces Huguenots du Refuge. Au vu de la situation politico-religieuse de ces hommes - qui préférèrent l'exil à l'apostasie mais qui ne désespéraient pas pour autant d'un prochain retour en France - était-il seulement possible que la pensée de Loccke ne subisse pas quelques infléchissements, voire même certains gauchissements ? Le Clerc prend par exemple le parti d'effacer toute référence au "Grand Restaurateur" et propose une lecture en parallèle des arguments de Two Treatises et de la Second Letter Concerning Toleration. La discussion sur l'origine, l'étendue et la fin du gouvernement civil fut donc nimbée d'un halo religieux. Cette recontextualisation de l'oeuvre de Locke, ainsi instrumentalisée dans la luitte opposant Jurieu à Bayle, apparaît de façon encore plus évidente dans le condensé de Jacques Bernard (mai 1691) visant à promouvoir la traduction de l'oeuvre - et devient tout à fait incontestable dans l'article de Basnage. S'adressant à un public mions savant que celui de Le Clerc, ces deux vulgarisateurs de la pensée politique de Locke la dénaturèrent. Ils commentèrent la pensée politique de Locke à la lumière des circonstances qui les avaient poussés à fuir la France ainsi qu'à l'aune des débats qui animaient la vie au Refuge.
Présentation des ateliers de 2006 - 2007
8-15 Juillet
2007 : XIIe Congrès International d'étude du
XVIIIe siècle (SIEDS), Montpellier
Cette table ronde a abordé l'un des problèmes les plus délicats de l'histoire intellectuelle et sociale des échanges culturels : comment caractériser les pratiques qui font de la correspondance interculturelle leur mode central d'activité ? La communication à distance constitue alors le mode premier de constitution des sciences et de la formation intellectuelle. Les observations, collections, contributions et récusations s'échangent entre les individus à travers toute l'Europe et cette manière de communiquer fait de la science une pratique unitaire bien plus qu'un ensemble d'initiatives locales. Comment les acteurs et les institutions scientifiques ont créé ces réseaux de savoir et quelles étaient leurs règles de fonctionnement ? Comment répertorier les différentes techniques utilisées pour définir les frontières de l'orthodoxie scientifique ? Quels modes d'organisation, d'adhésion, quelles manières différentes de se définir et d'agir peut-on recenser et étudier ? Comment enfin a émergé l'idée d'une pratique concertée de la science ?
Alexandra Cook, "Communicating science at a distance : Jean-Jacques Rousseau's botanical correspondence"Mariana Saad, "Autour du réseau Duquennoy, la correspondance britannique"
C. Crignon-De Oliveira, "Le rôle des périodiques dans la diffusion des connaissances médicales à la croisée des XVIIe et XVIIIe siècles"
2-4 septembre 2007 : University of London Institute in Paris : atelier sur les réseaux en Europe
Elisabeth Grist, "Des Maizeaux and the Royal Society"
Siegfried Bondenmann, "Euler's Scientific Network"
Mariana Saad, "Le réseau Duquennoy et le conseil général des hospices"
Jean-François Dunyach, "La question des réseaux et des échanges transmanche au XVIIIe siècle à travers le cas William Playfair (1759-1823)"
Simon Burrows, "Book trade networks in the late enlightenment"
Rachel Hammersley, "The Real Whig-Huguenot Network ans the English Republican Tradition"
Paola Zanardi, "Holis, Algarotti and Italian networks"
Alan MacInnes, "Jacobite networks"
Allan Potofsky, "Financiers or Political Economists ? Revolutionary Atlantic Networks"
John Hope-Mason, "Rousseau's circle"
